O.Waraka
Œuvres choisies
Acrylique sur toile, 100” X 68”
Acrylique sur toile, 78” x 76”
Acrylique sur toile, 85” x 57”
Acrylique sur toile, 70" X 90"
Acrylique sur toile, 85” x 95”
Acrylique sur toile, 85” x 57”
Acrylique sur toile, 100” x 68”
Acrylique sur toile, 85” x 57”
Acrylique sur toile, 85” x 57”
Huile sur toile, 100” x 68”
Acrylique sur toile, 85” x 57”
Technique mixte sur carton, 22" x 30"
Technique mixte sur carton, 22" x 30"
Huile et acrylique sur toile, 24" x 20"
Huile sur toile, 34" x 48"
Huile et acrylique sur toile, 22" x 28"
Acrylique sur toile, 85" x 95"
Acrylique sur toile, 50" x 53"
Film
Biographie
À propos
Oscar « Waraka » Huaracayo Villanueva (péruvien-américain, né à Lima) a d'abord étudié le design graphique avant d'obtenir sa licence en beaux-arts (spécialité peinture) à la Pontificia Universidad Católica del Perú (2001), où il a reçu le Prix de la critique de la meilleure peinture en 1999 et en 2000. Il a présenté des expositions personnelles à Lima (Galería Cecilia González, 2010) et à Takoma Park, dans le Maryland (Art Hop, 2013). Il a participé à des expositions collectives à Madrid (résidence de l'ambassadeur des États-Unis, depuis 2022), à La Havane (Galería Triana & Usich, 2017), à Copenhague (résidence de l'ambassadeur des États-Unis, 2005), à San Bernardino en Californie (National Orange Show, 2003), à Los Angeles (Eagle Rock Community Cultural Center, 2002) et à Lima (Centro Cultural de la PUCP, 2001). Étudiant, Waraka a cofondé le collectif d'artistes Los Aguaitones (Lima, 1998-2001), avec lequel il a réalisé de nombreuses peintures murales et installations dans l'espace public consacrées aux droits humains, dont une collaboration avec l'artiste espagnole Darya Von Berner sur Lupus Viator (1999).
Démarche artistique
À propos de mon art
Je suis né au bord de la mer, à Lima, dans une famille métissée. Ma mère, une « chola » à la peau claire venue des Andes péruviennes (Huancavelica), avait le quechua pour langue maternelle, mais elle est passée au castillan, l'espagnol, en s'installant à Lima pour une vie meilleure. Mon père, un « cholo » à la peau cuivrée, venait lui aussi des Andes (Puno, près du lac Titicaca). Les appeler « cholos » (un mot péjoratif, mais employé avec tendresse dans les familles) d'après leur couleur de peau et leur langue découlait du système de castes imposé pendant la colonisation espagnole des Amériques, lui-même fondé sur une idéologie de la « pureté » raciale. Une personne au « sang taché » avait des droits limités, strictement déterminés par sa « race » ou sa « caste ». Même si ces pratiques perverses, qui lient racisme et sexisme, ne sont plus aussi rigides qu'à l'époque coloniale et ne sont plus légales, je vois qu'elles sont encore présentes aujourd'hui dans notre civilisation moderne.
Ma vie semi-clandestine et presque nomade, après avoir vécu dans de nombreux pays avec ma femme et mes enfants depuis que je suis devenu citoyen américain, a marqué ma vision du monde et même ma façon de faire de l'art. À chaque nouveau lieu, je suis un inconnu et je dois tout recommencer. Cette expérience me permet, je crois, de mieux comprendre celles et ceux que touchent les migrations forcées. J'ai peint à Copenhague, en alternant les coups de pinceau avec ma fille Nina, alors bébé ; à Tijuana, à la frontière avec San Diego ; dans le quartier bohème de Barranco, à Lima, face au Pacifique ; sur un balcon donnant sur un quartier colonial de la Vieille Havane, où j'ai changé de médium faute de trouver du matériel ; et aujourd'hui à Malasaña, à Madrid. Mes images se situent entre abstraction et figuration, et mes couleurs comme mes techniques ont évolué avec le temps, mais mon geste énergique fait toujours de la peinture une activité très physique. Habitué aux peintures murales réalisées avec mon collectif d'artistes, je suis très à l'aise avec les grands formats.
À travers ces regards de la décolonisation et du nomadisme, j'explore dans mon art ma propre biographie, mon sang, ma chair et mon identité. Je me considère comme en construction. Dans ma pratique, je critique la perception des idéaux de beauté, les stéréotypes et les mythes, pour faire dialoguer les idées d'inclusion, de dignité et de subjectivité, en montrant la beauté à travers des personnes de couleur et en faisant une place à celles et ceux que l'on exclut souvent de la définition de la « beauté ». La plupart de mes sujets sont des personnes de couleur issues de la vie ordinaire (moi compris), et mon travail s'attache à leurs histoires.
Je crois que la décolonisation n'est pas seulement une obligation, mais un engagement personnel pour faire de ce monde un lieu meilleur, plus humain. J'ai deux options : vivre à l'intérieur de ce système et contre lui, ou mourir à l'intérieur. Vive l'art !